IE0010
Une possibilité d'immigration italienne en France (1946)
Potential Italian migration to France
| Nom | Code pays |
|---|---|
| France | FR |
En dehors des transferts massifs de populations exécutés sous la contrainte (famine, misère, expulsions politiques ou religieuses, etc.), les grandes migrations se sont effectuées par une sorte de cooptation. Les premiers arrivés appelaient des parents ou des amis et facilitaient leur installation, tout en trouvant souvent en eux un précieux adjuvant de travail ou de capital. C'est en grande partie par ce moyen que s'est effectué, en particulier, le peuplement de l'Amérique.
En 1946, le dernier recensement avait montré l'existence, en France, de 400 000 Italiens ayant plus de 15 ans ; ce nombre pouvait être augmenté des naturalisés de fraîche date de l'époque mais les doubles emplois devaient être éliminés. En faisant sur la légitimité de l'extrapolation toutes les réserves nécessaires, le nombre des immigrés susceptibles de venir en France par le moyen décrit ci-dessus pouvait se chiffrer en centaine de mille.
Il a donc paru intéressant de procéder, par la méthode d'échantillonnage, à une enquête auprès des Italiens résidant en France pour apprécier, d'une façon grossière, l'importance que pourrait prendre une telle immigration si elle venait à être réalisée, ainsi que sur son orientation professionnelle et démographique. Concrètement, l'enquête avait pour objet d'étudier les possibilités d'une immigration italienne fournie par les parents ou les amis d'Italiens actuellement établis en France qui désireraient s'y établir à leur tour. On cherchait aussi quelles seraient les facilités d'embauche et de logement que trouveraient les personnes qui viendraient ainsi s'établir en France.
Données d'enquête
Individu
France métropolitaine
Population italienne établie en France dans 5 grandes régions (région parisienne, région de l'Est, région des Alpes et du Rhône, région du Sud-Est, région du Sud-Ouest)
| Nom | Affiliation |
|---|---|
| GIRARD Alain | Ined |
| STOETZEL Jean | Ined |
| Nom |
|---|
| Institut national d'études démographiques |
| Nom |
|---|
| Institut national d'études démographiques |
Non probabiliste : quota
Quotas par région :
-Région parisienne (Paris, Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne)
-Est (Meurthe-et-Moselle, Moselle, Haut-Rhin, Doubs, Meuse, Vosges)
-Alpes et Rhône (Ain, Isère, Loire, Rhône, Savoie, Haute-Savoie)
-Sud-Est (Var, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Basses-Alpes, Hautes-Alpes, Gard)
-Sud-Ouest (Gers, Lot-et-Garonne, Dordogne, Gironde, Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne)
-Autres régions (Côte-d'Or et Nord)
Les quotas ont été fixés à partir du résultat du recensement des étrangers conduit par le Service national des statistiques au cours de l'année 1945. Au moment de l'enquête, le dépouillement de ces résultats n'était pas terminé. Il a donc été procédé à un tirage au sort de 1/50e des fiches recueillies, afin de pouvoir nombrer et localiser par départements la population italienne établie en France. Les départements où se trouvent le plus d'Italiens ont ensuite été regroupés en cinq grandes régions : région parisienne, région de l'Est, des Alpes et du Rhône, du Sud-Est et enfin du Sud-Ouest. La catégorie "Autres régions" ne faisait pas partie de la répartition recherchée, mais s'est retrouvée dans la répartition obtenue.
Les enquêteurs pouvaient choisir les personnes interrogées du sexe, de l'âge et de la profession de leur choix. Simplement, il était nécessaire de n'interroger qu'une seule personne dans la même famille, de préférence le chef de famille.
Sur les 1429 questionnaires envoyés, seulement 888 sont revenus remplis.
Questionnaire semi-structuré
Questionnaire semi-directif avec possibilité de laisser un commentaire sur certaines questions.
Il comprenait des questions sur les caractéristiques socio-démographiques de l'enquêté, son arrivée en France, la façon dont il a été accueilli, etc. Le questionnaire prévoyait aussi que les Italiens interrogés fourniraient un certain nombre de renseignements concernant les personnes qu'ils indiqueraient comme susceptibles de venir en France. Les immigrants éventuels ont ainsi pu être étudiés du point de vue du sexe, de l'âge, de l'état civil, du nombre d'enfants, de la profession et des liens de parenté qui les unissent aux Italiens de France.
| Début | Fin | Cycle |
|---|---|---|
| 1946-04 | 1946-06 | Enquête |
Transversale
| Date de début | Date de fin |
|---|---|
| 1946 | 1946 |
| Nom |
|---|
| Institut national d'études démographiques |
| Secrétariat de la fédération Ile-de-France de l'Italie libre |
| Comités de Libération des Provinces de l'Italie libre |
| Président de l'Union des Garibaldiens |
| Autre |
La consigne donnée aux enquêteurs était de n'interroger qu'une seule personne par famille, de préférence le chef de famille.
L'enquête, conçue comme un sondage réprésentatif, s'est heurtée dans la pratique à de graves difficultés. Deux causes peuvent y avoir contribué : l'usage de la langue française d'abord, souvent mal comprises par les Italiens de France, surtout sous forme écrite ; un questionnaire bilingue aurait peut-être rencontré une diffusion plus aisée. Mais surtout, une certaine atmosphère de défiance semblait régner parmi les Italiens établis en France.
| Nom de l'organisation | URL |
|---|---|
| Institut national d'études démographiques | https://www.ined.fr/ |
IE0010
| Nom | Affiliation |
|---|---|
| MORISSET Amandine | Service des enquêtes et des sondages, Ined |
2010-03-17
Version 1.0 (2011-03-16)
Version 2.0 (2021-08-25) : Mise en conformité avec le CESSDA, enrichissement des métadonnées
2021-08-25