IE0211
Le va-et-vient identitaire. Migrants portugais et villages d'origine (1992)
Shifting identities. Portuguese migrants and villages of origin (1992)
| Nom | Code pays |
|---|---|
| Portugal | PT |
Cette enquête menée directement au Portugal avait pour objectif de comprendre comment se construisaient les rapports aux différents espaces nationaux et locaux dans lesquels évoluaient le "migrant portugais", de mieux saisir les rythmes et les temps des mobilités, et les changements locaux apportés par l'expérience vécue "là-bas et ici".
La question de la présence étrangère en France, de son intégration, de son assimilation, ou au contraire de son "communautarisme" est depuis longtemps chroniquement au centre des débats politiques et médiatiques.
Au début des années 90, il était souvent admis par l'opinion publique en France que les originaires du Maghreb et d'Afrique noire étaient réputés difficilement assimilables comparé aux originaires du Portugal, dont la fusion avec la communauté nationale était vue "sans conflit majeur", le Portugais étant devenu le symbole du "bon immigré", docile, travailleur et assimilable sans débat. Mais n'était-ce pas une fausse perspective de considérer que la "discrétion" des Portugais vérifiait la bonne marche du modèle français de l'intégration ? Cette discrétion masquait en effet l'intensité des liens intercommunautaires, des rapports conservés et entretenus avec le pays natal, des stratégies de maintien d'une identité culturelle qui permettaient d'être à l'aise dans le pays d'accueil sans pour autant se sentir obligé de s'y fondre. Dès lors cette immigration pouvait signifier un modèle de présence étrangère beaucoup plus problématique. "Etre à l'aise" dans la société française n'était plus synonyme d'acceptation de valeurs nouvelles, mais d'élaboration de rapports sociaux nouveaux à l'échelle nationale et locale.
Les problématiques classiques de l'intégration des immigrés considèrent que celle-ci est réalisée dès lors que les immigrés agissent dans l'espace public du pays d'accueil et renvoient leur identité "originelle" à des pratiques privées, qu'ils exercent en particulier dans le pays d'origine, où ils retournent périodiquement. Mais ces conceptions de processus d'intégration sous-estiment et parfois même ignorent cet autre espace d'intégration que constitue le lieu d'origine et, par un curieux paradoxe, considèrent celui-ci uniquement comme le versant "privé" de l'expression des spécificités.
A cette vision des choses, les concepteurs de l'enquête "Le va-et-vient identitaire. Migrants portugais et villages d'origine" ont voulu opposer un autre point de vue considérant l'espace villageois comme un espace social public, réglé par une mise en pratique d'activités communes effectuées par des individus au nom de l'intégration dans la société locale. Cette perspective avait pour conséquence, d'une part de minorer les logiques d'intégration à la société d'immigration, et d'autre part de montrer que la mobilité n'anesthésie pas le sens du lieu d'origine comme espace de pratiques sociales porteuses d'enjeux identitaires.
D'où l'intérêt en 1992 d'une nouvelle recherche sur les familles portugaises engagées dans la migration. L'objectif de l'enquête n'était pas de proposer une recherche monographique sur une immigration déjà bien connue, mais de comprendre comment se construisaient les rapports aux différents espaces nationaux et locaux dans lesquels évoluaient le "migrant portugais", de mieux saisir les rythmes et les temps des mobilités, puis les changements locaux apportés par l'expérience vécue là-bas et ici.
Pour cela, l'enquête s'est déroulée dans le lieu d'origine des Portugais, les villages où ils retournent périodiquement. C'est de ce lieu central que les auteurs estimaient pouvoir mesurer le mieux le cours de la dynamique migratoire ou plutôt des dynamiques que la communauté construit avec le reste du monde. La recherche sur le terrain s'est donc déroulée pendant les vacances d'été, moment privilégié de la rencontre entre Portugais, où chacun mesure les changements, où chacun se situe dans une société qui retrouve toutes ses composantes, c'est-à-dire sa pérennité comme ses mutations, moment privilégié d'observation des processus d'interaction, des rituels, des retrouvailles et somme toute de la constitution des dynamiques locales qui structurent l'espace public villageois.
Données d'enquête
Individu
| Thème | Vocabulaire | URI |
|---|---|---|
| 4. Migrations internationales, discrimination, intégration | Ined | https://www.ined.fr/fr/recherche/enquetes/enquetes-ined/#theme-4 |
| 5. Habitat, environnement, territoire | Ined | https://www.ined.fr/fr/recherche/enquetes/enquetes-ined/#theme-5 |
| 8. Populations du monde | Ined | https://www.ined.fr/fr/recherche/enquetes/enquetes-ined/#theme-8 |
Portugal
Trois villages portugais ont été retenus pour l'enquête. Les trois se caractérisaient par une forte et ancienne émigration et correspondaient à trois types de situations de départ représentatives du contexte d'émigration des années soixante au Portugal. Ces villages, situés dans trois régions du Portugal, avaient trois histoires spatiales et sociales différentes.
FOIOS
Petit village à la frontière espagnole intégré dans une très intense mobilité avec l'Espagne de par sa situation géographique et culturelle. En 1992, cette région encore très enclavée vivait sur une polyculture vivrière condamnée par les politiques agricoles communautaires, sans grande perspective avérée de développement.
CALDAS DAS TAIPAS
Caldas das Taïpas (ou Caldelas) se situe dans le nord, au coeur du Minho, dans la région d'émigration la plus forte du Portugal en termes quantitatifs. C'était à l'époque une bourgade spécialisée dans la coutellerie et le textile ; mais surtout, située à mi-chemin entre Braga et Guimaraes, elle devenait une banlieue-dortoir pour ces deux pôles urbains.
FREIXIANDA
Un troisième village, Freixianda, a été choisi parce qu'au centre du Portugal et marqué aussi par un fort exode interne vers Lisbonne. En 1992, sa principale activité restait l'agriculture traditionnelle, bien que celle-ci se trouvait déjà dans une situation difficile. Au moment de l'enquête, le passage de l'autoroute Lisbonne-Porto venait de désenclaver le village.
Chefs de ménage de trois communes portugaises qui se considéraient au moment de l'enquête comme :
| Nom |
|---|
| CHARBIT Yves |
| HILY Marie-Antoinette |
| PETIT Véronique |
| POINARD Michel |
| Nom |
|---|
| Institut national d'études démographiques |
| Institut d'études et de recherches interethniques et interculturelles |
| Université de Toulouse - Le Mirail |
| Nom | Rôle |
|---|---|
| CONDON Stéphane | Codification/saisie |
| LAUDEREAU Claire | Codification/saisie |
| VOLLENWEIDER-ANDRESEN Lise | Codification/saisie |
| WALLERSTEIN Isabelle | Codification/saisie |
Mixte probabiliste et non probabiliste
Après une pré-enquête dans les villages, les échantillons enquêtés ont été sélectionnés selon plusieurs critères : population globale, type d'habitat, type de regroupement de population.
A Foios, sur une population de 500 habitants à peine, une famille sur trois a été interrogée.
A Freixianda (2503 habitants au recensement de 1990), village très étendu et qui présentait un habitat dispersé en lieux-dits et un centre essentiellement commerçant, deux rues du centre et deux lieux-dits ont été enquêtés.
A Caldelas (3845 habitants), les enquêteurs ont travaillé sur un axe géographique permettant d'avoir trois types de logements : les périphéries en collectif, le centre ancien et enfin les lotissements nouveaux de la partie orientale.
Nombre de questionnaires recueillis : 454.
454 chefs de ménage ont été interrogés dans les trois villages de Foios, Freixianda et Caldelas. Au total ce sont les caractéristiques démographiques et socioculturelles de 1754 personnes qui ont pu être recueillies (dont celles des 454 chefs de ménage).
Questionnaire semi-structuré
Le questionnaire était commun à tous les chefs de ménage, qu'ils aient ou non particpé aux migrations internes ou internationales.
Les questions portaient sur :
-les caractéristiques du chef de ménage et de son conjoint ;
-le ou les logements du chef de ménage et les personnes qui l'(les) occupaient ;
-la vie professionnelle du chef de ménage et de son conjoint ;
-la vie à l'étranger et les trajectoires résidentielles ;
-le retour (pour les émigrés) ;
-la vie au Portugal.
| Début | Fin | Cycle |
|---|---|---|
| 1992-08 | 1992-08 | Enquête |
Transversale
Le travail de terrain s'est déroulé tout entier au Portugal durant les mois de juillet et août 1992 et 1993, au moment où les migrants retournent au pays pour leurs vacances et où s'opèrent les temps forts de la redécouverte et de la confrontation avec les autres membres de la communauté restés au village ou déjà revenus.
C'est plus précisément en août 1992 que les chefs de ménage ont été interrogés par questionnaire papier.
| Date de début | Date de fin |
|---|---|
| 1992 | 1992 |
IE0211
| Nom | Affiliation |
|---|---|
| MORISSET Amandine | Service des enquêtes et des sondages, Ined |
Version 1.1 (2014-08)
Version 2.0 (2021-08-25) : Mise en conformité avec le CESSDA, enrichissement des métadonnées
2021-08-25