IE0045
Les mariages consanguins (1951)
Consanguineous marriages
| Nom | Code pays |
|---|---|
| France | FR |
La valeur de la descendance des familles consanguines a suscité, depuis plus de 200 ans, des controverses médicales multiples.
Etudier les effets de la consanguinité est, essentiellement une question de population. Les résultats n'ont de sens que s'ils englobent un nombre de famille relativement important, vivant dans un milieu donné, et comparé à un autre ensemble de familles vivant dans le même milieu donné, et comparé à un autre ensemble de famille vivant dans le même milieu, mais dont les époux, cette fois, ne sont pas apparentés (familles-témoins).
Ayant pris un grand essor, dans les années 50 la génétique de population fournit des instruments précieux à ceux qui se soucient de mesurer l'ampleur des phénomènes consanguins à grande échelle.
Le Dr Jean Sutter et Leon Tabah ont mis en avant la génétique de population et la démographie au sens large, par leurs études sur la population minimale et la consanguinité.
Ils ont montré à diverses reprises, l'importance des mariages consanguins et leur influence sur la mortalité infantile endogène ou la multiplication de certaines tares. Particulièrement, l'étude de la délimitation géographique des isolats et de leurs structures ne peut être envisagée hors de cette connaissance.
A partir de l'enquête qu'ils ont entrepris en 1951 dans le Morbihan et le Loir-et-Cher, les auteurs ont pu donner d'importants résultats sur les effets de l'endogamie et de la consanguinité.
Pour cette étude, il leur a d'abord été nécessaire de déterminer deux zones géographiques et, à défaut, deux départements, dont les caractéristiques du point de vue de l'endogamie devait être différentes. Leurs choix s'est donc arrêté aux départements du Loir-et-Cher (Touraine) et du Morbihan (Bretagne). Dans les années 50, ces départements étaient tous deux peu urbanisés, le premier pouvant passer pour représentatif de 35 à 40 départements Français où l'exogamie semblait prévaloir depuis longtemps ; le second comptait parmi les 10 à 15 départements où l'endogamie est resté longtemps forte. Le Morbihan différait du Loir-et-Cher surtout sur trois points : la fréquence des mariages consanguins y était restée élevée, il y avait moins d'étrangers et la fécondité y était plus forte. Par exemple, le pourcentage des mariages consanguins dans l'ensemble des familles intéressées par l'enquête s'élevait à 9.35% dans le Morbihan et à 5.99% dans le Loir-et-Cher.
Les deux chercheurs ont interrogé pour cette enquête des familles consanguines, mais ont aussi voulu intégrer des familles non-consanguines, dites témoins, afin d'établir des points de comparaisons.
Données d'enquête Données administratives
Famille
Départements du Loir-et-Cher et du Morbihan
L'enquête a intéressé 44 communes dans le Morbihan et 81 dans le Loir-et-Cher.
Dans le Morbihan, l'enquête a surtout porté sur les régions de forte densité, notamment la zone côtière et, à l'intérieur celle comprise entre Gourin et Mauron. En Loir-et-Cher, ce sont surtout la Sologne et les petites communes des arrondissements de Blois et de Vendôme qui ont été visitées.
Familles résidant dans le Loir-et-Cher ou le Morbihan
| Nom | Affiliation |
|---|---|
| SUTTER Jean | Ined |
| TABAH Leon | Ined |
| Nom |
|---|
| Institut national d'études démographiques |
| Nom |
|---|
| Institut national d'études démographiques |
Probabiliste : aléatoire systématique
La liste des ménages consanguins fut établie à partir des renseignements recueillis auprès des Evêchés de Vannes et de Blois : nom des époux consanguins, degré exact de parenté, domicile au moment du mariage.
Dans le Morbihan, un nombre appréciable d'union put être fourni par les seules années 1920 et 1921. Par contre, le faible pourcentage des mariages consanguins dans le Loir-et-Cher, et la moindre population, ont obligé à étendre l'enquête sur les mariages consanguins contracté au cours de 7 années : 1919 à 1925.
Pour la liste des familles témoins, il ne pouvait être question de recueillir les renseignements d'état civil concernant les 8500 unions non consanguines contractées dans les communes visitées. Ainsi un sondage a été réalisé ayant pour principe l'examen d'une famille témoin sur 7 pour le Morbihan, et une sur 11 pour le Loir-et-Cher.
Des instructions furent données aux secrétaires de mairie. Ces familles "témoins" furent déterminées dans les conditions suivantes :
-dans la mesure du possible, les familles devaient être sélectionnées par des dates de mariages identiques à celles où les mariages consanguins furent contractés.
-les conjoints ne devaient être apparentés à aucun des degrés suivants : oncle-nièce, tante-neveu, cousins germains, cousin de degré inégal, cousins issus de germains.
-les conjoints ne devaient pas avoir quitté la commune depuis leur mariage.
-les secrétaires de mairie devaient connaître personnellement les familles.
Il était enfin recommandé aux secrétaires de ne se laisser arrêter par aucune circonstance telles que la stérilité des époux, la mort de l'un d'eux au bout de quelques années ou un divorce tardif.
Sur les 350 familles consanguines du Morbihan et les 352 familles consanguines du Loir-et-Cher, 262 et 264 furent respectivement visitées, soit un taux de réponse de 75%.
Questionnaire non structuré / Consignes de collecte de données : Guide de collecte de données secondaires
Aux familles consanguines, il a été posé un questionnaire "non directif".
Les renseignements suivant furent receuillis : âge au mariage des époux, dates des naissances succesives, dates et circonstances des avortements spontanés, dates des morts éventuelles avec leurs causes. L'état des descendants fut relevé avec soin, et les anomalies qu'ils pouvaient présenter, décrites le mieux possible. Des renseignements furent aussi demandés sur les mariages des enfants : le nombre des petits enfants et leurs états de santé.
Pour les familles témoins, des renseignements furent recueillis sur les naissances, les morts, et les mariages des enfants, ainsi qu'une description de leurs caractéristiques physiques ou mentales (idiots, épileptiques, tuberculeux, par exemple).
| Début | Fin | Cycle |
|---|---|---|
| 1951 | 1953 | Enquête |
Transversale
| Date de début | Date de fin |
|---|---|
| 1951 | 1953 |
| Nom | Affiliation |
|---|---|
| SUTTER Jean | Ined |
| TABAH Leon | Ined |
Le dépouillement de l'enquête fut exécuté par voie mécanographique. La fiche de chaque enfant fut codifiée suivant l'âge du père et de la mère, son rang de naissance et ses diverses autres caracteristiques : anomalies, mortalité plus ou moins précoce, etc. Chaque fausse-couche, pour les consanguins, fut enregistrée suivant le rang de grossessse (malheureusement, ce renseignement n'a pas pu être recueilli auprès des mères pour les familles témoins).
Quelques réserves doivent être prises en compte quant aux renseignements recueillis :
| Nom de l'organisation | URL |
|---|---|
| Institut national d'études démographiques | https://www.ined.fr/ |
IE0045
| Nom | Affiliation |
|---|---|
| AMIRAT Sofiane | Service des enquêtes et des sondages, Ined |
| MORISSET Amandine | Service des enquêtes et des sondages, Ined |
2010-07-02
Version 1.0 (2011-04-07)
Version 2.0 (2021-08-25) : Mise en conformité avec le CESSDA, enrichissement des métadonnées
2021-08-25